Comment tout peut s’effondrer de Pablo Servigne et Raphael Stevens

Afin d’éclaircir le fond de mes pensées actuelles, je commence dans le vif du sujet, en vous présentant un livre que j’ai lu récemment. Ce livre je tiens à vous en parler car il permet à mon sens, de mieux comprendre l’urgence et les enjeux écologiques actuels.

4° de couverture
Et si notre civilisation s’effondrait ? Non pas dans plusieurs siècles, mais de notre vivant. Loin des prédictions Maya et autres eschatologies millénaristes, un nombre croissant d’auteurs, de scientifiques et d’institutions annoncent la fin de la civilisation industrielle telle qu elle s’est constituée depuis plus de deux siècles. Que faut-il penser de ces sombres prédictions ? Pourquoi est-il devenu si difficile d’éviter un tel scénario ?
Dans ce livre, Pablo Servigne et Raphaël Stevens décortiquent les ressorts d’un possible effondrement et proposent un tour d’horizon interdisciplinaire de ce sujet fort inconfortable qu’ils nomment la « collapsologie ».

Plutôt facile à lire, ce livre est essentiel pour regarder la vérité en face, pour le qualifier, on peut dire qu’il est synthétique, bien argumenté et plutôt très bien sourcé (env 400 références).

Ce que l’on peut en retenir, c’est que l’effondrement est inévitable. On ne sait précisément ni comment, ni quand, il commencera, mais on sait qu’on ne pourra pas l’éviter et que l’on sera obligé de s’y adapter.

“L’utopie a changé de camp. Est aujourd’hui utopiste celui qui croit que tout peut continuer comme avant”

“Ce sont les partisans d’une croissance effrénée qui vont nous faire retomber à l’âge de pierre”

Ce plaidoyer fait partie de la masse des publications de plus en plus nombreuses qui annoncent la fin de notre civilisation telle qu’on la connait. Pablo S. & Raphael S. y décrivent la chute de notre société gouvernée par une industrie et un marché globalisés ignorant toute limite. Il s’en distingue toutefois en proposant une synthèse des données les plus récentes tant physiques qu’économiques et sociales sur la dégradation de notre biosphère.
Les chiffres donnés dans la première partie ont de quoi laisser le lecteur au bord de l’épouvante. Personnellement je recommanderai de le lire petit à petit car ça remue vraiment les tripes.
Pourtant les chiffres — certes, livrés un peu de but en blanc — , sont bien là et les tendances à l’aggravation se confirment. La deuxième partie s’intéresse au calendrier possible de l’effondrement annoncé tandis que la troisième partie esquisse quelques perspectives “d’avenir”. J’ai pas fini cette troisième partie, j’y reviendrai surement, mais, j’avais besoin de contrebalancer avec d’autres lectures un peu moins fatalistes. Bien que j’ai tendance a être d’accord avec les auteurs, la tableau dépeint de notre monde est très sombre et a tendance à vraiment créer un electro-choc, même si on est déjà un peu au fait des choses. C’est d’ailleurs, je pense, un parti pris des auteurs qui ont réfléchi sur la question du déni écologique :

Accepter l’effondrement, c’est comme accepter la mort d’un proche. Il faut dépasser les phases du deuil : le déni, le marchandage, la colère, la tristesse et l’acceptation. Beaucoup de gens sont encore dans le déni, mais il y en a aussi dans la tristesse, dans la colère. Et il y en a qui sont dans la joie, parce qu’ils sont déjà dans l’acceptation.

Comme quelqu’un l’a dit en commentant ce livre “Une meilleure mise en perspective aurait permis de nuancer la brutalité des chiffres et de hiérarchiser les enjeux.” cependant je pense que c’était le désir des auteurs de bousculer un peu pour sortir du déni.

Et pour finir, voici un interview de Pablo Servigne invité sur l’excellente chaîne Thinkerview, d’ailleurs il me faudra vous présenter celle-ci plus en détails car elle mérite vraiment le détour!

3 réponses sur “Comment tout peut s’effondrer de Pablo Servigne et Raphael Stevens”

  1. Je crois ce billet est assez juste ! Depuis des décennies on vit une fin d’une époque, comme les romains mais plus « radicale » comme jamais avant dans l’histoire de la terre, l’humanité et la vie en générale. On se croit parfois la couronne de l’évolution c’est certainement pour nous assurer quelque part mais nous avons une mal fou de voir notre (l’humanité) réalité et « vérité » en face.

    Quelque part profondément incertain en nous on s’accroche aux anciennes vérités qui ne fonctionnent plus, pire que nous faisons perdre dans une anarchie ploutocratique que nous avons appelé « notre liberté ». Une interprétation de la liberté très superficielles, juvénile au mieux adolescents. Profondément nourrit par nous peurs existentielles de survie à court terme. Nous se situons dans une boîte à crabe ou on s’empêche mutuellement de s’en sortir.
    On voit pour le moment pas suffisamment que notre destin est profondément lié. L’état nous à dit c’est la plus efficace économiquement et politiquement que nous sommes concurrents.
    Il faut être un « Trump » ou un « Macron » pour y croire !? ????

    C’est une « croyance majoritaire » pour le moment ou doit je dire une « peur majoritaire » !?
    Parce que si on ne voit pas qu’il y a une peur en nous pour le changement on peut continuer de reformer se qu’on veut mais rien va changer, on continue de creuser notre trou.

    Les grands penseurs comme Rousseau, Hobbes, Adam Smith, Tocqueville, Marx on tout dit et ou lieu les opposer et écarteler il faut les intégrer commencer à voir leur compatibilité. La pensée initiale d’Adam Smith était de libérer l’individu face au l’état en abstrait il était quelque plus égalitaire que Karl Marx qui voyait très justement « une lutte des classes » mais ça ne veut pas dire que leurs visions étaient opposées !!! Ils sont complémentaire et écrit d’un différent angle il faut les intégrer.

    Hobbes et Rousseau deux différentes vues de monde incompatible !? Oui et non mais est-ce qu’on peut voir ils ont pris un autre angle d’observation et pas nécessairement opposé. Il n’y a pas question qui a raison des deux !? Il y a question que ces deux observations sont cent pourcent complémentaire qui en les intégrant peuvent élargir nos « sens et observation de la réalité ».

    Pour ceux qu’ont vu le plus qu’excellent film « En guerre » montrent que nous sommes dans une société d’un dialogue des sourds. Ou la hiérarchie sociétale n’a aucune responsabilité est devenue quelque chose qui nous/leur dépasse complètement. NOUS AVONS MIS NOUS MÊME HORS JEU!!!!! Alors nous avons aujourd’hui un dialogue des sourds chronique dans laquelle les médias ont malgré eux choisi de nourrir ce dialogue mortifère !

    L’effondrement aujourd’hui nous faissons aujourd’hui tout pour y arriver!!!!

    La dialogue avec nous même, fait partie intégrant du dialogue avec l’autre ! Là il y a du boulot en nous, avec tous!

    1. Face au collapsus ..une voie celle du pari de Pascal ..croire malgré tout en la survie de l’humanité ..mais le malgré tout reste un peu sur l’estomac ????????

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