La genèse du blog

Qui suis-je ?

Cela a peut d’importance pour ce blog, disons, un jeune, formé dans le secteur de l’électronique puis de l’informatique, à tendance polymathe (certains diront sûrement touche-à-tout et bon à rien), la trentaine, vivant dans le sud Aveyron. Et me voilà à me lancer dans la rédaction d’un nouveau blog, mais pourquoi faire ? Avec quelle motivation ?

Cette décision fait suite à un long, très long processus d’introspection qui a débuté voilà maintenant un peu plus de huit ans. Suite à un burn-out induit en grosse partie par une surcharge de pression au travail — à l’époque pour un groupe de presse du CAC40 — j’ai dû me reconstruire, et pour cela, rien de mieux que de comprendre ce que l’on a vécu. J’ai donc voulu commencer à décortiquer les mécanismes à l’œuvre dans l’entreprise au niveau économique, mais aussi social tout en essayant de commencer à prendre soin de moi afin de remonter la pente. Bien qu’ayant grandi à la campagne et donc au contact de la nature, c’est à ce moment-là, dans une grande ville, où j’ai réellement commencé à me poser des questions sur l’écologie avec en trame de fond le leitmotiv “Mens sana in corpore sano”. Refaire du sport, manger bio, faire son marché, … De petites actions de tous les jours qui collaient parfaitement avec un truc très à la mode à ce moment-là dans les grands espaces citadins, … Le développement durable !

Le développement durable, c’est trendy

Vous vous rappelez de cet effet de mode, où l’on regardait des meubles en palette sur des magazines en papier glacé tout en sirotant une soupe bio ? Avec plein de mots dessus en “y” pour s’adresser à notre génération Y (trendy, healthy,…) oui oui, j’ai fait parti de ces gens-là. Endormi par ce concept de développement durable, j’ai continué quelque temps dans une logique du bon petit consommateur qui va participer à la croissance du pays tout en m’intéressant de plus en plus à l’écologie, aux énergies renouvelables, la permaculture, … Ayant avant ça un projet de maison de vacances à la campagne, les aléas de la vie ayant rompu mes attaches à Montpellier, je décide de quitter la ville pour partir m’installer à la campagne afin de reconnecter avec mes racines aveyronnaises tout en commençant à dessiner un nouveau projet de vie plus en adéquation avec mes idées du moment.

Dans ma tête, la révolution du jardin

J’ai toujours été impressionné par la sagesse des personnes qui osent mettre les mains dans la terre, mais, à l’époque, étais encore incapable de l’expliquer. C’est dans l’optique de manger sain, sans faire de mal à la planète et sans engraisser des actionnaires que je commence à jardiner tout en me remémorant des souvenir d’enfance de jardin avec les grands parents. Me voilà à essayer de commencer à faire un jardin en glanant à droite et à gauche des idées afin d’obtenir de meilleures récoltes que ce soit dans les techniques anciennes ou nouvelles. Glaner des idées, mais aussi essayer de les comprendre, comprendre ce qu’il se passe sur et dans la terre, savoir comment ça fonctionne, comment une plante se nourrit, qu’est ce qu’elle a besoin, comment elle stocke, qu’est ce qu’il reste lorsqu’on la consomme,…

Et la magie opéra

En faisant son jardin, si l’on creuse un tant soit peu, on découvre que dans la nature tout est lié! Les sels minéraux, les bactéries, les champignons, les plantes, les arbres, les insectes, … Tous liés et tous sont nécessaires! Un concept clé qui laisse songeur, en regardant cette nature s’épanouir, vient inévitablement la question du moi, quelle est ma place? Suis-je lié à cet écosystème ? Notre mode de vie est-il en adéquation avec celui-ci? Comment notre société moderne peut-elle fonctionner en ignorant ce concept clé ? Quelles en sont les répercutions?

Il faut bouger, il y a urgence!

Je commence à n’impliquer de près ou de loin dans le tissu associatif, la politique locale et nationale, dès la présidentielle de 2012, mais c’est en fin 2015 où je m’y jette à corps perdu lorsque l’on me propose l’opportunité de rejoindre l’équipe d’un politique local. Ce sont les petits ruisseaux qui font les grandes rivières alors pourquoi pas essayer d’apporter ma pierre à l’édifice. Me voilà parti pour presque deux ans à courir après les politiques (ça court très vite le politique), persuadé que cela pourrait faire bouger quelque chose, même infime soit-il dans le domaine de l’écologie notamment. Surtout, qu’à cette période, je commence à entrevoir le fait que le développement durable tel qu’il nous est vendu a peu de chance de résoudre les problèmes à venir.

Le système a horreur qu’on le remette en question.

À l’école, en éducation civique, on m’apprenait que la démocratie française est un modèle d’excellence. De ce moment passé en politique, j’en tire une expérience amère où j’ai vu un système agonisant, qui en plus a tendance à vous mordre les doigts comme un vieux chien à l’agonie, dès que vous essayez de faire bouger la moindre petite ligne. Une 5° République, soit disant stable, alors que l’on opère des changements tous les quatre matins (24 révisions actuellement, presque 1 tous les deux ans), avec en résultat, un pays où les inégalités sont toujours plus importantes et, lorsque changement il pourrait y avoir, l’Ego des femmes et hommes politiques s’en mêle, histoire d’être sûr de tuer le poussin dans l’œuf. Et le pire dans tout ça, c’est qu’ils sont pour la plupart persuadés de faire le bien pour leur pays au point d’en oublier leur propre santé, je vous assure ! À aucun moment, pourtant, je ne regretterai cette expérience, aussi douloureuse fut-elle. Elle m’a permis d’approfondir des sujets comme l’écologie, mais aussi l’économie, l’agriculture, la chose publique et le fonctionnement de nos institutions, … Tout en rencontrant une diversité de personnes, de pensées, d’attente, de besoins, …. Mais arrivé à un certain stade, les leçons du passé m’ont rappelées qu’il pouvait être dangereux de foncer tête baissée sans jamais prendre de recul. Je décide alors d’arrêter l’expérience tout en continuant à me documenter pour essayer de comprendre ce qui peut bien clocher.

Les politiques tous pourris?

Franchement, je n’y crois pas, bien que les Cahuzac et Balkany existent, comme je le disais plus haut, j’ai été impressionné par le nombre de personnes impliquées en politique (tout bord confondu) qui se donne à corps perdu persuadé faire le bien à l’opposé de ce que l’on aurait tendance à penser. Mais alors pourquoi ça ne bouge pas ? Pourquoi notre société est autant en échec?
Je pense que Pierre Rabhi résume bien la situation :

” De la maternelle à l’université, on est enfermé (on appelle cela le « bahut »), puis tout le monde travaille et vit dans des « boîtes » plus ou moins petites ; pour s’amuser, on va en boîte et on y va dans sa « caisse » ; enfin, on rentre dans une boîte à vieux et on retrouve la dernière boîte que je vous laisse deviner ! “ – Pierre Rabhi

Dans la course au capitalisme et maintenant au libéralisme, on a voulu formater l’individu au maximum pour qu’il devienne une roue de l’engrenage, interchangeable, formaté afin de coller au mieux aux besoins des grandes entreprises, des usines. On nous forme à rentrer dans les boites. Ce formatage a deux atouts principaux, faire de la mains d’œuvre bon marché qui rapporte beaucoup aux actionnaires et surtout faire en sorte que cette main d’œuvre soit malléable pour éviter que celle-ci se rebelle trop. Et le politique n’échappe pas à cette règle de la boite ! Surtout si l’on regarde le parcours de la majorité des acteurs politiques de notre pays ! L’homme politique moyen est très formaté pour rentrer dans la boite. Dans nos institutions, c’est généralement un homme, blanc, ayant fait de longues études dans des “grandes écoles” qui est persuadé d’avoir une vision d’ensemble, alors qu’il connaît juste le catéchisme de la pensée unique qu’on lui a inculqué. Ce même catéchisme qui en réalité l’éloigne de la diversité qui compose notre monde.

L’échec de l’éducation nationale

Lorsque j’y repense, je suis très attristé de me rendre compte que j’ai appris si peu en 17 ans d’école (de la maternelle à la fac). À l’école, on n’apprend pas à apprendre, on est noté sur ce que l’on n’a pas appris ! Il faut rester dans le moule ! À l’école, on n’apprend pas à comprendre, mais à reproduire, on n’apprend pas à philosopher, mais à faire un résumé de texte ! Je me rends compte que c’est en sortant des sentiers battus, par moi-même, que j’ai pu constituer le maigre intellect que j’ai maintenant à ma disposition. Pas à l’école ! Je pense que lorsqu’on intègre cette notion, il est plus facile de comprendre le monde dans lequel on vit, comprendre pourquoi rien ne bouge et pourquoi le système nous tape sur les doigts lorsqu’on essaie de s’en sortir (j’y reviendrai plus tard). Pire, encore le système éducatif actuel induit sournoisement l’idée que pour survivre, on doit rester à sa place qui ne sera guère meilleure que celle de nos parents, que c’est comme ça et sera jamais autrement.

Que faire ? Se prendre en main ET par la main !

C’est la raison de ce blog, à l’heure où tout va de plus en plus mal, où l’économie menace d’une énième crise financière, où l’environnent subit de plus en plus la pression de l’homme, où le réchauffement climatique menace l’existence même de l’homme d’ici à moins de 100 ans, il y a urgence d’agir !
Je pense que la maigre chance qu’il nous reste, c’est par l’éducation. L’éducation nationale a son rôle à jouer, comme la génération Y a pu apprendre à ses parents à mettre la ceinture de sécurité, je pense que la génération Z et les suivantes pourraient induire des changements importants dans la société sur les questions écologiques et sociétales notamment. Cependant, avant de mettre en place cela, il faut de la volonté, qui on l’a vu ne passera pas nécessairement par le système politique dans un premier temps. Si l’on regarde comment la nature fonctionne, on se rend compte que c’est dans le groupe que les espèces survivent pas dans l’individualisme. C’est pourquoi il est nécessaire de recréer avant tout du lien social dans son entourage proche (amis, voisins, familles,…) afin de se réveiller mutuellement, s’apporter de l’information et mettre en place des stratégies visant à renverser la vapeur.

Éducation populaire et groupes d’échanges

Si l’on regarde de près l’état du monde, on est vraiment mal barré ! Suite à ce constat, il me restait 3 possibilités de réactions possibles, rester dans le déni de réalité et faire comme la masse en mettant la tête sous le tapis, acheter une corde et trouver un bel arbre ou essayer d’agir, à ma hauteur, avec mes petits moyens. Contrairement au plus pessimistes, bien qu’un effondrement systémique soit possible et même hélas très probable, je pense que contrairement aux précédentes civilisations, on a d’extraordinaires possibilités qu’elles n’ont pas eu à l’époque (médecine, technologie, internet,…). Si l’on veut éviter le pire scénario, c’est à nous de bouger et se prendre en main en utilisant tous les moyens que l’on a à notre disposition sans avoir peur de découvrir de nouvelles choses ! C’est mon parti pris.
Bien que trop souvent persuadé du contraire, l’individu est capable d’apprendre toute sa vie durant. Il faut juste qu’il oublie ce que l’on y a appris (qu’il était trop vieux, trop bête, pas le temps,…) et qu’il essaie de sortir le nez de “la norme”. Il faut que l’on prenne conscience qu’il y a des activité ultra chronophage, où l’on est le produit et pas le consommateur, qui mobilise notre temps d’attention si précieux, pour quelques actionnaires avides alors que ce temps d’attention pourrait être mis à disposition pour mieux comprendre le monde qui nous entoure, agir en conséquence et faire en sorte que le peuple devienne constituant alors qu’actuellement il est figé en attendant un politique paternaliste et providentiel qui n’arrive jamais. A nous de nous retrouver, échanger nos savoirs et expertises pour se tirer vers le haut et résoudre nos problèmes.

Pansons Libre car hélas, il commence à être un peu tard, mais comme disait Francis Blanche :

Mieux vaut penser le changement que changer de pansement.

Voilà en résumé la raison d’existence de ce blog, essayer d’en faire un carnet de bord de pensées et expérimentations que je souhaite réaliser afin d’essayer de ne plus être un maillon du système, mais un acteur à hauteur de mes capacités, fidèle à la philosophie du colibri de Pierre Rabhi.

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