Michel Gay, Contrepoints pas très objectif!

Ce matin en lisant les réseaux sociaux je suis tombé sur un billet de Contrepoints.org rédigé par un certain Michel Gay, expliquant que le stockage d’électricité est un mirage, sous-entendant que la seule solution est le nucléaire. Je ne sais pas si l’objectif de mon ami était de me faire réagir, mais de bon matin, je suis parti au quart de tour et me voilà à écrire!

Un rapide tour sur le net m’apprend quelques choses. Pilote de chasse jusqu’à la trentaine, il se reconvertit écrivain et dessinateur pour enfant dans les années 80. Et surprise, en 2016, ce monsieur a mis ses talents au service de la cause nucléaire avec le livre “Vive le nucléaire heureux !”.

Selon son propre site de promotion du bouquin, “Michel Gay a reçu le prix Yves Chelet décerné par la Société Française d’Energie Nucléaire (SFEN / PACA) en présence de monsieur Yves Bréchet, Haut-commissaire à l’énergie atomique (CEA).”

Bon, maintenant on voit un peu plus clair non?

Allez, je vous laisse lire le billet en question :

Le mirage ruineux du stockage massif d’électricité

Puisqu’au final Michel Gay n’a pas plus de compétences scientifiques que moi, je vais vous parler un peu de ce que je sais du stockage d’énergie électrique.

Je trouve cette analyse extrêmement légère, pour ne pas dire mensongère! Autant si je suis d’accord que le stockage batterie n’a aucun sens ni avenir, les recherches sur le stockage à inertie avancent pas mal. Et le mec aborde uniquement le cas des barrages hydrauliques en zone montagneuse. Concernant le stockage par inertie, il évite soigneusement d’aborder le cas des stockages béton. Le stockage par inertie, tous systèmes confondus sont 10 à 20 fois moins coûteux que les meilleures batteries actuelles.

En cherchant sur le site, je me suis rendu compte qu’il est pas à sa première tentative pour convaincre, c’est ainsi que je suis tombé sur un écris où il annonce fièrement que l’EPR produira à 6 ou 7 cts du kWh. Hey coco, t’es au courant que l’on ne connaît toujours pas le prix final du démantèlement du premier réacteur nucléaire et que l’EPR n’est toujours pas finis?

Revenons à nos moutons, concernant le stockage béton, j’ai repéré deux systèmes prometteurs ces dernières années.
Le premier à taille “individuelle” est composé de volants à inertie de type béton à placer dans son sous-sol. EDF a investi dans une start-up française (Energistro 1), espérons que ce n’est pas pour faire disparaître la boite. En gros, on fait tourner un gros bloc de béton avec un moteur électrique et lorsqu’on a besoin d’électricité, le moteur se comporte en générateur comme une dynamo de vélo.
Le second principe est le stockage par poids, sur le même principe que les pendules de nos grands-parents. On laisse tomber des poids en béton dans les fonds marins (sur env. 4 000 m) la descente, génère de l’électricité et lorsqu’on en produit trop, on les remonte.

En plus du coût, le stockage béton à l’avantage d’avoir un faible impact écologique face aux batteries chimiques, bien que le ciment et le sable nécessaire peuvent être des problèmes, ça limite beaucoup les problèmes quand même.

Concernant le stockage hydraulique, c’est vrai qu’en France, on exploite déjà pas mal le relief.
Cependant, des études de faisabilité ont montré que l’on peut créer des réservoir de la main de l’homme en plaine pour recréer du relief avec de très belles capacités de stockage. L’idée étant de créer une cavité et avec le remblais créer un réservoir qui sera juste au-dessus. SinkFloatSolutions a elle aussi travaillé sur ce genre de configuration pour la France.
Le second cas de figure étudié est de réutiliser certaines mines à l’abandon pour en faire des réservoir.
Ce type de stockage présente un gros avantage, c’est l’effet d’économie d’échelle qui est très très gros !
Un autre avantage et pas des moindre, c’est qu’il permettrait de réguler la pluviométrie, afin de faire des tampons en cas de crues et aussi permettant aux agriculteurs de s’alimenter en eau l’été pendant les sécheresses. Deux phénomènes climatiques que l’on va être obligé de gérer de toute manière.
Qui plus est, les agriculteurs demandent actuellement l’augmentation des capacités de stockage pour irriguer, si l’on prend en compte leur demande plutôt que de faire des bassins à côté, les prix baissent encore plus, puisqu’on mutualise !

Après d’autres lectures concernant Michel Gay, j’ai trouvé un article où il démonte le stockage béton en se basant sur le coût de stockage annoncé et là, il annonce carrément 4c€/kWh pour le nucléaire afin de justifier ces propos, ce monsieur doit être un comique en fait! Alors oui, pour le moment le stockage béton n’est pas hyper compétitif, mais ce n’est pas une raison pour tuer le poussin avant qu’il ait éclos non ? Les investissements sont ridicules face au investissement en recherche nucléaire. C’est en expérimentant que l’on arrive à optimiser les coûts, découvrir de nouvelles solutions,…. Comment peut-il appeler au développement de l’EPR qui coûte déjà plusieurs milliards et se permet de traiter les recherches dans le stockage par inertie d’ineptie ? Je le croyais idiot, j’en arrive à me demander s’il n’est pas vendu en plus !

Mais je dis ça, je dis rien et merci pour le réveil Jean Lou 😉

Pour finir, deux vidéos TEDx où  André Gennesseaux (Energistro) et Christophe Stevens (SinkFloatSolutions) présentent leur travail.

Si certains ont de l’eau à apporter au moulin, je suis preneur de toute info, qui va dans un sens ou dans l’autre, utilisez les commentaires ! Ce texte n’est qu’un billet d’humeur, mais à l’occasion, je pense faire un papier sur le coût réel du nucléaire bien plus étayé.

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