Gilets Jaunes : quelques pistes pour s’organiser

La république traverse une crise sans précédent, le pouvoir a peur et fait tout son possible pour maintenir l’ordre qui lui convient. Alors que le gouvernement appelle à se ranger dans les rangs, “dialoguer” par l’intermédiaire des syndicats —tiens donc — et fait semblant de nous comprendre, je souhaite revenir sur un moment de la révolution française dont il faut à mon avis tirer des leçons pour ne pas refaire les mêmes erreurs.

Girondins VS Jacobins

Alors contrairement à ce que l’on voudrait nous faire croire, tout d’abord, il faut savoir que la révolution française ne s’est pas passée comme ça en claquant des doigts. Il y a eu une grande période d’instabilité avec beaucoup de casse, d’affrontements, de répression, de sang et de têtes coupées avant d’arriver au résultat de 1789. Et même après cela, il y eu la terreur de 1793 où environ 500 000 personnes sont emprisonnées et approximativement 100 000 exécutées. 

Élimination des girondins

De cette période de terreur, l’imaginaire collectif retiendra de façon très simplifiée l’opposition des idées jacobines aux inspirations girondines, Etat centralisateurs VS Etat fédéraliste. Le centralisme parisien incarné par Robespierre gagna la partie et une bonne partie des Girondins furent exécutés.

Mais les idées de Robespierre, bien que centralisatrices, mais très proche du peuple (démocratie directe, justice sociale, abolition de l’esclavage, …), ainsi que la loi de Prairial (permettant de faire arrêter et exécuter le moindre suspect) se retournent contre lui. Ainsi, tous les députés qui ont une raison de craindre Robespierre — certains s’étant enrichis grâce à la révolution — prennent peur et se retournent contre lui. Robespierre fut condamné sans procès et guillotiné le 28 juillet 1794.

En 1804, le sénat craignant un retour monarchique mettra à mort la 1° république en nommant Napoléon Bonaparte Empereur des Français.

Bref, tout ça pour dire que, depuis lors, la France a pris la direction jacobine, centralisatrice du pouvoir, qui facilite très certainement la vie de nos élites, mais ne permet aucunement au peuple d’avoir son mot à dire.

Gilets jaunes, gilets verts, et les autres, c’est dans cette logique jacobine que Macron souhaite nous faire rentrer, en nous intimant l’ordre de nommer des responsables du mouvement. Pour mieux manipuler, pour mieux museler, pour mieux diviser et décrédibiliser.

Une solution, le fédéralisme

Ce qui fait la force de ce mouvement, ce n’est pas la question du nombre de participants, mais le nombre de points de blocages. Grace à internet, vous avez pu vous organiser sommairement sans tomber dans le piège du centralisme et lancer ce mouvement de révolte. Cette multiplicité, cette pluralité, consolidées aux grès des échanges sur les points de blocage et sur internet, c’est votre force, mais aussi votre faiblesse.

C’est votre force, car justement, l’Etat n’a pas la main sur une poignée d’individus qui décident pour tous, c’est votre faiblesse, car sans coordination efficace le mouvement risque de tomber à l’eau.

Manifestation des gilets jaunes, au carrefour des Errues, à Menoncourt, le 25 novembre 2018.

Je pense que la solution est une organisation en fédérations indépendantes et locales où les “représentants” ne sont que les portes voix et non les décisionnaires. Ceci afin de viser une réelle démocratie directe.

Prendre le contre-pied du jacobinisme est à mon avis la solution pour le mouvement, mais aussi pour un futur proche. Nos dirigeants ont trop centralisé dans le but de s’accaparer toujours plus de pouvoir sous le prétexte fallacieux des économies. Cela a donné lieu à une déconnexion totale entre la réalité de terrain et les élites dirigeantes.

C’est ainsi, que l’on s’est retrouvé dans une situation, où l’on nous a interdit de rouler à 90km/h en campagne, où l’on nous retire les services publics, … Ils ont été jusqu’à retirer les compétences aux mairies sur l’eau ! Donnant la possibilité à des entreprises privés de faire de l’argent sur notre dos, sur un bien commun !

Ce n’est pas parce que l’on a des services publics que l’on paie trop d’impôt comme nos politiques aiment à le rappeler, c’est parce que justement on a trop délégué notre souveraineté à quelques élites et entreprises.

On n’a plus le temps

Il devient urgent de sortir de cet individualisme dans lequel on s’est enfermé, laissant de telles marges de manœuvres aux politiciens. On a plus de temps à perdre, car l’urgence sociale et aussi importante que l’urgence écologique, les deux sont liés ! Si l’on n’arrive pas à répondre à ces deux enjeux ensemble, il est clair que notre avenir est sacrément menacé.

Contrairement à François Ruffin, je ne pense pas que la destitution du président soit une solution pour le moment, elle rendrait encore plus instable la France, ce qui pourrait permettre des événements terribles du type coup d’état. Cependant, je le rejoins totalement concernant Nuit debout. Amis zadistes, militants Nuit debout, vous qui avez déjà commencé à réfléchir à vous organiser différemment, venez partager et apporter vos expériences, vos savoirs. Rejoignez le mouvement !

Rejoindre le mouvement, mais où ? Surement pas à Paris, les violences seront provoquées par le pouvoir et mise en avant par les médias à la solde de celui-ci. Au contraire, je pense qu’il faut se retrouver sur nos territoires, pour ne pas donner raison à Macron et commencer à parler de se structurer efficacement, préparer demain !!

Pour finir afin de continuer sur cette piste de réflexion, je vous invite à lire le dernier billet de Michel Onfray qui mérite d’être lu. Comme toujours, je n’exprime que mon point de vue, n’hésitez pas à me corriger, à commenter et élever ce débat et bon weekend à tous !

https://michelonfray.com/interventions-hebdomadaires/l-insurrection-et-apres-

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