Lallement, en toute impunité

En toute impunité, le préfet de police de Paris ruine les fondements de notre démocratie et personne ne bouge !

Début 2019, la bourgeoisie parisienne a peur, les gueux​1​ envahissent chaque semaine les avenues parisiennes pour crier leur désespoir, leurs souffrances.

Des pauvres sur les Champs-Élysées chaque samedi, ce n’est même pas envisageable pour l’élite française. Fin mars 2019, Macron nomme Didier Lallement préfet de police de Paris afin de faire le ménage en remplaçant Michel Delpuech, limogé pour sa gestion des manifestations du mouvement des Gilets jaunes.

«Il est très cassant avec les gens, très blessant. On n’avait jamais vu ça, raconte une ex-collègue. Il est froid dans son management, mais assume totalement. Avec lui, c’est la politique de la terreur. Il ne respecte que ceux qui, de temps à autre, osent lui tenir tête.» «Didier Lallement? Il est fou comme un lapin, abonde un préfet actuellement en poste. »

https://www.liberation.fr/france/2019/03/23/lallement-le-nouveau-prefet-qui-fait-flipper-les-flics_1716932

Didier Lallement n’a pas été choisi au hasard, il a une réputation d’homme de fer impitoyable. Selon Libération, les fonctionnaires bordelais auraient même poussé des cris de joie à l’annonce de sa mutation pour Paris​2​.

Organisations internationales, ONG, syndicalistes, professionnels de santé se sont alarmés de la prise en charge parisienne des manifestations des Gilets Jaunes. L’ONU a procédé à un rappel à l’ordre, l’UE a demandé « suspendre l’usage du LBD » immédiatement. Le journaliste David Dufresne recense au moment où j’écris ces lignes, 2 décés, 316 blessures à la tête, 25 éborgnés, 5 mains arrachées,… Du côté du ministère de l’Intérieur, d’autres chiffres, 561 signalement à l’IGPN, 19071 tirs de LBD 5420 tirs de grenades de désencerclement (GMD) et 1428 tirs de grenades lacrymogènes (GLI).

Comme le LBD, ces grenades sont des armes classées « matériel de guerre de catégorie A2 », ce qui interdit aux particuliers d’en faire l’acquisition. Pour les opérations de maintien de l’ordre, seules la France, la Pologne et la Grèce (avec restriction) usent sans limite du LBD en Europe, à cause de son manque de précision. Concernant les grenades, aucun autre pays utilise des munitions explosives comme la GLI-F4 ou la GMD, en raison de leur dangerosité. Enfin, concernant le GLI-F4, il a été mis en évidence la présence de cyanure​3​ exposant les manifestants à des risques sanitaires importants. Et je ne parle pas de risques allergiques là, mais bien de pathologies lourdes qui pèseront obligatoirement dans le budget de la sécurité sociale vu le nombre de personnes exposées. Certains policiers et gendarmes refusent d’ailleurs d’utiliser ces grenades connaissant les risques pour eux même.

Je reformule : la France, “pays des droits de l’homme”, est l’un des pays européen qui utilise le plus d’armes de guerre dans le cadre de la gestion des manifestations avec de graves conséquences.

16 novembre 2019, place d’Italie

Maintenant que le contexte est un peu posé, je souhaite revenir sur la gestion de la manifestation anniversaire des gilets jaunes du 16 novembre à Paris.

Une déclaration de manifestation des gilets jaunes avait été déposée et autorisée par la préfecture de Paris malgré la présence de multiples travaux sur et à proximité de la place d’Italie. Le maire du XIII, Jerôme Coumet, avait d’ailleurs alerté cette même préfecture du danger que représentait le lieu validé4​. À la vue des éléments qu’a fait la préfecture ? Rien ! Il aurait été logique d’interdire ce lieu pour un autre, où à minima sécuriser les chantiers et le mobilier urbain comme on peut le voir sur toute manifestation qui accueille du public.

Je suis sidéré de voir comment on peut faire autant chier des petits festivals (musique et autre) avec les commissions de sécurités (CCDSA) au point de faire couler certains événements à cause des surcoûts sécuritaires. Là, les CCDSA n’hésitent pas à bloquer des événements, car il faut retirer tout mobilier urbain jusqu’aux poubelles.
Et de l’autre côté laisser autant d’objets dangereux en ayant été prévenu plusieurs jours à l’avance de l’intention de manifester. Pour rappel, la CCDSA dépend de la préfecture.

Didier Lallement autorise donc en toute connaissance de cause une manifestation à très gros risques (départ prévu à 14h) sur la place d’Italie qui est remplie de “munitions” pour un affrontement.

Incompétence ou volonté manifeste de nuire aux gilets jaunes pacifiques ?

Dans la matinée, les gilets jaunes commencent à converger sur la place. Curieusement, Didier Lallement nasse très tôt celle-ci, bien avant le départ de la manifestation. Il aurait pu profiter d’avoir placé les forces de l’ordre à chaque artère afin de procéder à des contrôles pour limiter les risques d’objets dangereux, mais non ! D’ailleurs en fin de matinée, je voyais régulièrement sur les réseaux sociaux des gilets jaunes s’alarmer du manque de contrôle sur ce lieu précis.

Fin de matinée les affrontements commencent, et les gilets jaunes perdent espoir. Des soi-disant blacks blocs commencent à jeter des pavés sur les forces de l’ordre qui s’empressent de répliquer. Ça y est, c’est la débandade, les dégâts commence à être conséquents, les feux s’allument ici et là, tout est prêt pour que les chaînes d’informations puissent avoir des images spectaculaires à montrer.

Sauf que,… Était-ce vraiment tous des blacks blocs ? Plutôt qu’un long discours je vous laisse regarder jusqu’à la fin cette courte séquence filmée le week-end dernier et partagée par l’avocat François Boulo. Beaucoup d’autres tournent sur le net.

Que des forces de l’ordre dissimulent totalement leur identité dans le cadre de manifestations publiques, je trouve ça déjà très limite, mais le pavé à la main, même s’il n’était là que pour compléter le déguisement, c’est grave ! Sinon pourquoi ne pas autoriser aux stups de consommer en service ? Et l’on a vu durant ces derniers mois qu’ils ne font pas que les garder à la main. D’ailleurs pour le moment, je n’irais pas plus loin concernant ces faits, car je sais qu’il y a quelques journalistes très motivés qui travaillent actuellement à faire la lumière sur qui était ces “blacks blocs” de la place d’Italie, ça va être savoureux !
En attendant, je le rappelais dans un billet, des cas de policiers casseurs ont déjà été démontrés dans le cadre d’autres mouvements sociaux.

Bref, revenons à nos moutons, une manifestation autorisée, des objets dangereux laissés sur place, peu de contrôle de sécurité à l’arrivée des manifestants, des “black blocs” – qui n’en sont sûrement pas – qui ouvrent les hostilités, les forces de l’ordre qui répliquent dans la seconde avec l’arsenal maximal (LBD+GLI-F4+GMD), sous le commandement de Didier Lallement.

Là, panique et confusion envahissent la place de l’Italie, journaliste et manifestants pacifiques, ne savent pas quoi faire, les artères étant barricadées par des hommes en boucliers, un épais brouillard lacrymal envahissant la place, il n’y a plus qu’à essayer de trouver un coin pas trop dangereux et attendre.

Sauf que Didier Lallement ne s’arrête pas là, il décide d’interdire la manifestation quelques minutes avant le départ alors que beaucoup de monde était déjà sur place. Il se contente alors d’informer l’organisateur et fonce faire une conférence de presse pour rassurer les gentils bourgeois. Celui-ci assure alors qu’un « canal d’évacuation » a été mis en place pour ceux qui seraient en somme de bons citoyens. La cohue, la fumée, les explosions font que trop peu de gilets jaunes pacifiques et journalistes ont pu avoir les informations et évacuer.

Besancenot (NPA) était là-bas ce samedi, il raconte : « Ça a été un refus catégorique à chaque fois, et pendant plus de deux heures, on a été bloqués sur cette place, ça c’est la réalité, je l’affirme et je le confirme».

Lallement poussera le bouchon jusqu’au bout, ceux qui ne seront pas blessés repartiront au moins avec une amende de 135 € pour « participation à une manifestation interdite ».

Régis De Castelnau, avocat à la cour, a recensé pour Marianne​5​ les abus de Lallement :

Mais à cela, on aurait pu rajouter les articles 434-11 & 434-29 relatifs à la déontologie (malheureusement valables pour les policiers, mais pas le préfet si je comprends bien, dommage, il est prévu d’aggraver les condamnations pour les supérieurs) car il fallait qu’il pousse le vice jusqu’au bout devant les caméras. Alala cette culture de la com chez les macronistes,….

Sorti accompagné de journalistes pour faire quelques plans le montrant en train de “constater les dégâts” autour de la place d’Italie, une femme l’interpelle en lui demandant pourquoi la police n’arrivait pas à arrêter les “blacks blocs”. Constatant son adhésion au mouvement des gilets jaunes, Lallement lui tourne le dos de façon hautaine en lui lançant un “Nous ne sommes pas dans le même camp madame”.

Mr Lallement a visiblement oublié qu’un préfet n’a pas a avoir de camp, il est là pour servir le peuple français et se doit d’observer une neutralité républicaine absolue lorsqu’il est en fonction.

Je n’ai pour le moment pas vu un seul représentant de la droite s’indigner d’un tel comportement, seulement quelques-uns de gauche, pourtant à droite, le respect des forces de l’ordre est un thème fort. Mais comment demander aux Français de respecter les FDO si même les plus hauts placés se comportent ainsi ?

Le journal La Croix​6​ vient de publier un très bon dossier sur les violences policières qui montre comment policiers et gendarmes restent des humains avec leurs failles. Cette enquête met aussi en évidence le choix stratégique erroné d’envoyer trop tôt la BAC sur les manifestations comme ce samedi. La BAC est une brigade formée pour maîtriser des délinquants dangereux, pas des manifestants pacifique. Ils sont formés à “rentrer dans le tas”, contrairement à la gendarmerie par exemple qui a un système d’usage de la force plus proportionnel. Lallement fait le choix d’impressionner avec la BAC, sûrement pour dissuader de revenir manifester.

La justice devrait regarder de près les agissements de ce préfet qui salit la république et donne une mauvaise image de la politique, mais la question est aussi par qui ? Le procureur de Paris ? Ce procureur qui a été désigné lui aussi par Macron ?

République bananière va !

Ces choix de gestion des manifestations sont catastrophiques pour notre avenir proche, que doivent comprendre les Français qui sont violentés et pas écoutés ? Qu’il faut répondre avec plus de force, de violence et par des guérillas urbaines comme à Hongkong ? Ou que le droit de manifester n’est pas garanti en France ?

Le risque d’escalade de la violence voire de guerre civile dans ce pays devient très inquiétant.

  1. 1.
    Les SJW, ne prenez pas ça au premier degré. pansonslibre.fr. pansonslibre.fr.
  2. 2.
  3. 3.
    Alexander Samuel : « Les gaz lacrymo empoisonnent ». Humanite.fr. https://www.humanite.fr/alexander-samuel-les-gaz-lacrymo-empoisonnent-679765.
  4. 4.
    “Gilets jaunes” : “J’avais signalé à la préfecture que la place d’Italie accueillait des chantiers”, regrette le maire du 13e. francetvinfo. https://www.francetvinfo.fr/economie/transports/gilets-jaunes/gilets-jaunes-j-avais-signale-a-la-prefecture-que-la-place-d-italie-accueillait-des-chantiers-regrette-le-maire-du-xiiie_3706915.html.
  5. 5.
  6. 6.
    Violences policières : gilets jaunes, bavures, souffrance… notre dossier. La-croix.com. https://www.la-croix.com/France/Securite/Violences-policieres-gilets-jaunes-bavures-souffrance-notre-dossier-2019-11-19-1201061352.

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