Et maintenant que fait-on ?

Ne surtout pas baisser les bras ! Je sais, c’est très dur ! Entre des mois de grèves pour certains et maintenant le coronavirus plus la crise économique qui commence enfin à se révéler, ça laisse peu de place. Mais n’oublions pas que c’est dans les moments les plus durs que les humains se révèlent le plus.

Je le répète surtout ne perdons pas espoir, ne cédons pas à la panique non plus, ne nous arrêtons pas à quelques actes individualistes sur des mecs qui volent des masques ou remplissent leurs caddies relayés par BFM & co pour vendre plus de pub en jouant sur les angoisses de chacun.

Perso, je préfère regarder ceux qui agissent, ceux qui s’engagent pour aider les soignants, ceux qui grâce aux FabLabs, produisent des masques, des pièces pour les appareils médicaux bénévolement. Ceux qui gardent les enfants de ceux qui doivent travailler, ceux qui font les courses pour leurs voisins les plus vulnérables….

Nous l’avons vu, la mondialisation n’est pas le seul problème que nous avons en France, loin de là, nous devons sortir une bonne partie des politiques qui sont aux manettes depuis trop longtemps et ne pourront dans l’immédiat participer à nous relever de ces crises. Ils restent des êtres humains, mais trop dé-formés par leur parcours, leurs formations, leur milieu social aussi, ils sont inaptes pour répondre aux besoins d’aujourd’hui. Quelques-uns, faisant preuve d’une grande ouverture d’esprit, arriveront à changer de logiciel, mais pour l’essentiel nous devrons les sortir de l’équation, pour changer de modèle de société.

On ne peut pas résoudre un problème avec le même mode de pensée que celui qui a généré le problème.

Albert Einstein

L’avantage du nombre

Nous sommes nombreux à nous être engagé dans les municipales, nous sommes nombreux à manifester notre mécontentement, nous sommes nombreux à chercher des solutions (féministes, Extinction Rebellion, Gilet Jaunes, Gilets verts, Coquelicots, professions médicales, pompiers, chercheurs, avocats, ….).

Nous avons une arme pacifique, le nombre, grossièrement 70 % de la population, à nous de savoir l’utiliser intelligemment, à nous de réapprendre à parler, à nous de nous organiser, à nous de mettre de côté nos idées partisanes afin que l’essentiel sur lequel nous convergeons revienne au peuple.

Avec la crise sanitaire du COVID-19 nous avons le temps de faire cela, ne le gâchons pas derrière NETFLIX et BFMTV ! Et pourtant, je suis le premier a aimer lâcher un peu la pression devant une bonne série TV. Il faut un moment pour tout.

A force de sacrifier l’essentiel à l’urgence, on finit par oublier l’urgence de l’essentiel.

Edgar Morin

Pour beaucoup, nous allons avoir encore plusieurs semaines à tourner en rond dans nos habitations. Prenons le temps de nous documenter, prenons le temps d’échanger, de débattre, de trouver aussi d’autres lieux que ceux proposés par les GAFAM qui risquent de tomber très prochainement sous le coup de nouvelle loi de censure.

Prenons le temps de panser nos plaies et de penser à ce que pourrait être une société débarrassée des paradigmes édictés par l’hyper-centre, penser aussi à une nouvelle constitution plus protectrice pour le peuple, sortant les politiques professionnels de l’hyper-centre & l’élite bourgeoise qui accumulent les mandats et nous ont pourries la vie.

Je l’ai évoqué plusieurs fois sur ce blog, sur les réseaux sociaux aussi, dans l’immédiat, je suis partisan d’un Plan Marshall écologique massif, il faut que l’on arrête d’accepter que nos dirigeants injectent des milliards via le circuit bancaire, nous l’avons vu avec 2008, ça ne fonctionne pas ! Il faut sortir de certains traités européens si l’Europe refuse de jouer le jeu, car actuellement injecter de l’argent sans passer directement par les banques nous est interdit par l’UE.

Si l’on a pu injecter des milliers de milliards d’euros dans les banques en 2008, il faut qu’autant de milliards soient injectés directement dans le civil et les secteurs publics qui essaient d’opérer des changements écologiques. Cet argent, qui plus est en agissant ainsi, rentrera dans le circuit direct de l’économie réelle et non de la finance, ce qui créera réellement de l’emploi, pas comme les conneries du genre CICE & co de l’hyper-centre. Il faut commencer à penser tout ça !

Pour rester sur un sujet économique, le COVID-19 est en train d’ébranler le paradigme libéral de la mondialisation dans tous les pays. Il est peut-être temps d’oser imaginer un système totalement différent, un système qui prend en compte la planète dans son ensemble, une système qui n’use pas des faiblesses de nos voisins pour avancer, mais qui utilise leurs forces pour construire un nouveau monde ensemble.

Maintenant que le diagnostic commence à être clairement posé, je souhaite penser à cela, quelles solutions apporter au lendemain de cette crise, car si nous n’avons pas de solutions à proposer, il nous sera impossible de sortir des anciens modèles. Je pense aussi que l’expérience en elle-même de ces crises doit nous éclairer pour dessiner le monde de demain.

« Le fait que nous soyons amenés à introduire l’incertitude, l’aléa, et l’ambiguïté dans le concept de crise correspond non à une régression théorique, mais, comme partout où ont pénétré l’incertitude et l’ambiguïté, à une régression de la connaissance simple, de la théorie simple, ce qui permet une progression de la connaissance complexe et de la théorie complexe (…). La crise révèle ce qui était caché, latent, virtuel au sein de la société ou de l’individu : les antagonismes fondamentaux, les ruptures sismiques souterraines, le cheminement occulte des nouvelles réalités ; et en même temps le crise nous éclaire théoriquement sur la part immergée de l’organisation sociale, sur ses capacités de survie et de transformation (…) Il s’agit aujourd’hui d’approfondir la crise de la conscience pour enfin faire émerger la conscience de la crise. La crise du concept de crise est le début de la théorie de la crise. »

Edgar MORIN, Sur la crise, Flammarion, Coll. Champs Essais, 2020

Maintenant que nous avons le nez dans la me***, nous devons regarder le problème dans toute sa complexité, nous devons sortir des réponses simplistes, nous devons regarder en profondeur quelle part de responsabilité nous portons aussi dans l’affaire, tous autant que nous sommes !

Pour ceux qui ont la chance d’avoir un bout de terrain, aussi petit soit-il, prenez le temps de vous essayer au jardin si ce n’est pas déjà le cas. Il n’est jamais trop tard pour commencer, et ce petit carré pourrait vous être fort utile dans les mois et années qui viennent. Vous avez vu la cohue de ces derniers jours aux supermarchés, imaginez ce que sera la prochaine crise, quelle soit biologique, climatique, migratoire, polémologique,… Peut-importe, avec le CORNAVIRUS, vous savez maintenant que ça peut arriver.

Vous avez vu le krach boursier de ces derniers jours, sachez que comme en 2008, les vrais effets arriveront que dans quelques mois, le seul conseil que je peux vous donner, visez à tendre vers un maximum d’autonomie. Alimentaire, énergétique mais aussi politique et sociale à l’échelle locale de votre territoire.

Si ce n’est pas déjà fait, prenez le temps de vous informer aussi sur la collapsologie dont voici quelques pistes :

Je vois déjà les attaques de l’hyper-centre arriver sur moi, des allégations comme “tu mélanges tout”, “tu ne comprends rien”, quelques sophismes ici et là sans réels arguments. Je suis tranquille, je me sais pas infaillible, je suis ouvert à la critique, la vraie, avec des arguments, des sources. A vos claviers !

Il n’y a pas de raison sans passion, et il ne devrait pas y avoir de passion sans raison. La pensée complexe que je défends part du latin complexus, qui veut dire « ce qui est tissé ensemble », afin d’opérer une tension permanente entre l’aspiration à un savoir non parcellaire, non cloisonné, non réducteur, et la reconnaissance de l’inachèvement et de l’incomplétude de toute connaissance. « complexe » ne signifie nullement « compliqué », encore moins « obscur » ou « abscons », mais désigne cette forme de pensée qui relie un tout à ses parties, articule au lieu de segmenter.

Edgar Morin  (Entretien, p.54, Phiosophie Magazine n°15, Déc.07-Janv.08)

En parlant de personne qui mélange tout avec brio, une dernière chose en guise de conclusion…

Un regard de plus

Enfin, je souhaite partager avec ceux qui ne l’ont pas encore lu la tribune de Virginie Despentes suite à la cérémonie des Césars. Ce texte lui aussi m’a donné une part de motivation de plus, rares sont les personnages publics qui prennent position pour le peuple. Merci Yves pour la découverte de ce texte 😉 Elle fait ici un récit de toutes les colères causées par la bourgeoisie, ces “puissants qui aiment les violeurs”. En voici deux petits extraits :

«Ta gueule, tu la fermes, ton consentement tu te le carres dans ton cul, et tu souris quand tu me croises parce que je suis puissant, parce que j’ai toute la thune, parce que c’est moi le boss.»

https://www.liberation.fr/debats/2020/03/01/cesars-desormais-on-se-leve-et-on-se-barre_1780212

« Tout ce week-end à vous écouter geindre et chialer, vous plaindre de ce qu’on vous oblige à passer vos lois à coups de 49.3 et qu’on ne vous laisse pas célébrer Polanski tranquilles et que ça vous gâche la fête mais derrière vos jérémiades, ne vous en faites pas : on vous entend jouir de ce que vous êtes les vrais patrons, les gros caïds, et le message passe cinq sur cinq : cette notion de consentement, vous ne comptez pas la laisser passer.»

https://www.liberation.fr/debats/2020/03/01/cesars-desormais-on-se-leve-et-on-se-barre_1780212

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *